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Les 6 commandeurs

Christophe Colomb

 

 

Vous le connaissez ? Ou vous croyez le connaître ?

Je n'ai pas le temps de rédiger une notice à son sujet, mais sachez que, parti ouvrir une nouvelle route vers les Indes, il découvre l’Amérique. Cette bévue, ce lapsus, j’en ai fait un principe de vie. Et de création.

Savez-vous que la nuit, pour bien voir, il ne faut pas regarder droit devant soi. Les bâtonnets qui permettent l’acuité visuelle de nuit, se trouvent plutôt sur le pourtour de la rétine. Au milieu, les cônes. Pour le jour et la couleur les cônes font bien l’affaire, mais pas pour la nuit. Il faut donc regarder de côté. En noir et blanc.

 

Mes rapports avec Colomb sont récents. Ils datent de 1995. J’avais déjà réalisé trois vidéodisques avec leurs logiciels, qui avaient fait date : L’alsace, un produit culturalo-économique pour la Région, Lascaux revisité pour le Ministère de la culture et un  programme de formation Volvo 240 pour le groupe EAG (l'itilisateur dialoguait avec le programme avec des phrases en langage naturel sur le clavier).

A cette époque, notre équipe avait déjà intégré toutes les possibilités d’Internet aujourd’hui.

 

Notre équipe tendait du mieux dont elle était capable vers l'excellence, et je constatais que pour les éditeurs, le "fin du fin", c’était le CD Rom Le Louvre.

Un livre informatisé : quel intérêt !

Pire que cela, ce CD-Rom était une bouze (Dictionnaire classique de la langue française, 18/27 d’Antoine de Rivarol). 

C’était le type même de produit qui dégoutait les utilisateurs des NTIC, comme on disait. Nous l’avions observé et mesuré dans le cadre de l'étude que je menais depuis 10 ans avec mes étudiants de l'Université de Strasbourg. Son thème : "Pratiques et usages des nouvelles technologies de communication et d’information ».

 

Mais allez expliquer cela aux éditeurs, quand cette "bouze" est tirée à 500.000 exemplaires (l’auteure s’est acheté une maison de campagne dans la Brie pouilleuse avec ses droits).

 

J’étais très critique et je vilipendais Le Louvre et son auteure à toutes occasions.

Au point d’agacer nombre d'interlocuteurs.

Ce qui fut le cas le 2 mai 1995. La jeune femme en face de moi me tance :

« - Jacques, vous ne pouvez pas tout critiquer comme cela. A vos yeux, rien n’est bon. C’est décourageant pour ceux comme moi qui commencent dans le métier. Dites-moi ce qu’il faut faire. Allez ».

C’est une personne intelligente. J’ai eu envie de briller à ses yeux évidemment. Alors, j’invente "Elle".

Un coup de maître : vraiment inventé sur place. Effet escompté obtenu.

Le soir même … non, non, il ne s’agit pas de cela, bien que ... mais bon. Déjà, j’avais obtenu le droit d’être critique à tous crins (« out-and-out » comme disent les anglais).

Le soir même j’écris deux pages. Le lendemain Jean-Louis Falco de la société Aurex est présent au petit-déjeuner de l’AFÉÉ, l’association professionnelle dont j’assume la direction du développement. Je lui glisse le texte. Il lit très vite - ça fait une page et demi -. Un signe de la main : il prend !

Deux jours plus tard, lors d’une première réunion de travail, j’invente "la métaphore colombienne".

 

Question :

Pourquoi cela n’a pas abouti ?

Réponse :

Pour le savoi, il faut aller sur la fiche "Elle". Celle d’"Axel" est à-côté.

 

Mais l'idée a fait son chemin.

 

"CYBER EXPO", UNE METAPHORE COLOMBIENNE est le titre d'une communication que j'ai effectuée à l'école du Louvre en 2003.

 

 

 

 

 

 

 

Elle résumait le long article rédigé en 1996 en collaboration avec Estrella Rojas, pour le Guide de la production et l’édition multimédia (éditeur AAM, avec le soutien de la SCAM, la SDRM et le SNE).

 

Page 26, nous citions Béla Balázs (L’esprit du cinéma - 1930) :

"La théorie n’est pas grise. Elle sert de carte au voyageur de l’art en lui montrant toutes les routes et toutes les possibilités. Elle lui donne le courage d’entreprendre les voyages de Christophe Colomb."

 

Pour information : le texte complet du Guide.

 

Puis, page 39, nous développions :

"Pour les deux auteurs de ces lignes, la navigation s'envisage comme une aventure semblable à celle de Christophe Colomb. Parti à la recherche d'un monde qu'il croyait connu, l’explorateur découvre un « Nouveau monde », inattendu. Sa démarche est à l’opposé de celle qu’offre la carte routière - l'arborescence - qui évoque de grands arbres gris sur les branches desquels sont accrochés, tels des fruits sans saveur, ces "informations", ces "documents", ces "inventions de la renaissance", ces "Cent tableaux" [Le Louvre est visé], caractéristiques des multimédias de la deuxième génération du multimédia [où en sommes-nous aujourd’hui ? A la 4ème, 5ème, 6ème, ...génération ? – note de JW] »

 

"En continuant la métaphore colombienne, il est possible de comparer la navigation multimédia à celle, maritime, dont les routes virtuelles, évanescentes, se parcourent, les sens en éveil, en interprétant chaque nuage, chaque mouvement de l'océan, chaque souffle du vent, comme autant de signes qui permettent de trouver ou retrouver son cap. Celui du savoir, peut-être, qui permettra, avec l'aide du multimédia de la troisième génération, de maîtriser la galaxie d'informations que notre société produit."

 

 

Et aujourdh'ui ?

En 1995, j’avais déjà appliqué ce principe narratif avec le scénario d’"Elle", une "fiction légère". Il n’a pas été réalisé parce que, comme d’habitude, mes principes l’ont emporté sur mon intérêt : voir Elle.

Rebelote en 2001, avec le scénario d’"Axel", une "fiction sombre". Il a été partiellement réalisé : j’en parle dans kla rubrique Axel.

 

Aujourd’hui, avec Lascaux, au-delà des images, je reprends ces "vielles idées" très innovantes qui … me semble-t-il, n’ont toujours pas été appliquées par d’autres.

Qu’est-ce qu'attendent tous les créateurs géniaux qui existent, parait-il ?

 

 

 

 

 

 

 

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© Jacques Willemont