Remonter au niveau supérieur de l'arborescence "Hommages"

 

 

 

Hommages

 

Marceline Loridan-Ivens

19 mars 1928 - 18 septembre 2018.

 

 

 

 

Chaton le 19 septembre 2018

 

Chère Marceline,

 

Trop tard. La lettre placée sur le bord de mon bureau, déjà timbrée, ne partira jamais.

Je vous avais appelée il y a quelque temps sur le conseil d’Iskra qui m’avait communiqué vos coordonnées.

Il y avait du bruit autour de vous et la conversation était difficile. Il était convenu que je vous écrive pour vous fournir le lien vers l’hommage que j’ai rendu à Joris Ivens sur mon site, mi-professionnel, mi- personnel.

Le voici : https://www.willemont.pro/hommages/joris-ivens/ : je crains qu’il vous soit de peu d’utilité.

 

J’aurais été ravi de vous exprimer de vive voix mon sentiment à son égard. Il est l’une des rares personnes que j’ai croisées envers laquelle je n’éprouve que respect et sympathie.

J’aurais aussi aimé parler avec vous de Moscou, de Pékin, vos avancées et vos reculs vis-à-vis du communisme, des communismes, …

Cela nous aurait certainement conduits à parler de La reprise du travail aux usines Wonder, de la censure souveraine que constitue l’« autodafé » de mon film Sauve qui peut Trotski ... toutes choses que vous deviez ignorer.

Nous aurions parlé de l’engagement. De l’exclusion. Sujet que vous avez connu dans votre chair et que je n’ai abordé qu’avec la plus grande prudence et modestie dans le numéro spécial Au nom du Führer : racisme et xénophobie de la revue Impact que je dirigeais en 1979. Tout cela ne sera pas.

 

De ce fait, pensée égoïste, je ne bénéficierai pas de vos conseils pour trouver la meilleure manière d’amener l’équipe de Cinéma du réel à me reconnaitre enfin comme le fondateur du festival.

Vous auriez très bien pu décider de ne pas intervenir, mais nous aurions pu en parler comme de grandes personnes. Et non pas comme avec ces immatures que sont Dominique Barneaud ou Julie Paratian (ex- et actuelle président(e)s des amis du Festival Cinéma du réel). Pour eux, tout est compliqué.

Ces jeunes gens « trop propres sur eux », sont sans relief parce que la vie, semble-t-il, leur a été donnée, et pas seulement à leur naissance. Une vie toute faite. Une ligne droite. Ils n’ont d’empathie que pour eux-mêmes.

 

Ce que je reproche aux gens qui m’ont volé Sauve qui peut Trotski, puis, La reprise du travail aux usines Wonder, puis Cinéma du réel, parmi d’autres créations volées ou détruites, c’est de m’avoir éloigné de gens comme vous.

Evidemment, obligés de justifier leur attitude, ils n’avaient d’autres solutions que l’éternelle lâcheté : « tous les chiens que l’on veut tuer n’ont-ils pas la rage ? »

 

Finalement oui. Ils ont raison. Ils m’ont inoculé la rage. Je ne dis rien d’autre sur la page d’accueil de mon site, « Pour QUOI ? Pour QUI ? » à la rubrique « 6 : O.K. Corral, Gunfight site ».

N'y annonce-je pas clairement souhaiter : « Régler quelques comptes aussi ».

 

Je regrette vivement de ne pas avoir pu vous rencontrer.

 

Jacques Willemont

 

 

 

 

Version imprimable Version imprimable | Plan du site
© Jacques Willemont