And  my name is ...

Marcel Gotlib

 

 

 

Quel est le point commun entre ces dessins ?

 

 

... le point commun ? Une grande aventure qui aurait dû réunir Claire Bretecher et Nelly Kaplan, la BD américaine des années 50 et Alain Resnais, Mandrake, Lee Falk, Federico Fellini et Marcello Mastroianni, et puis Moëbius et d'autres, ... dans une série de films sur la BD pour la télévision.

 

Un seul a été réalisé : And my name is Marcel Gotlib que j'ai confié à un quidam qui se targuait d'être un réalisateur. 

 

 

Tout a commencé avec Jean-Claude Forest.

Nous tournions Le coeur gros, un film fantastique de court métrage (extrait).

 

C'était tellement « fantastique » que la télévision s’est déplacée et qu’elle a réalisé un film sur le tournage. Nous y apparaissons Jean-Claude, Liane et moi de manière bon enfant, comme la télévision en 1974 se complaisait à le faire.

Un extrait ? Voici Liane et moi. Voilà Jean-Claude Forest qui parle du tournage. Nous mettrons d'autres extraits dans la rubrique « Le cœur gros » lorsqu'elle sera ouverte.

 

Une bonne idée.

Mettez un scénariste de BD et un cinéaste autour d'une table bien garnie de mets qui, aujourd'hui, feraient trembler de stupeur l'armée de végétariens, végétaliens, végans et autres sectaires de l'alimentation, ... 

A un certain moment, ne serait-ce que pour avoir le plaisir de se retrouver un autre jour, dans les mêmes conditions, une bonne idée germe. 

La bonne idée ? Celle d'une série de films de 30 minutes sur des acteurs majeurs de la BD. Avec les réalisateurs de premier plan que nous citons ci-dessus. 

Très vite, nous avons l'accord de Resnais et de Fellini pour un numéro de ma série. Pour Resnais, ce sera "la BD américaine des années 50", avec Fellini (que Jean-Claude connaissait de l'époque du tourngae de Barbarella à Cinecitta) le projet s'oriente vers un Mandrake dont le rôle serait tenu par Mastroianni. 

 

Pour commencer, nous visons plus bas. Un jeune réalisateur français, sans trop s'expérience, mais qui pratique lui-même la BD.  

 

Le "quidam" ?

C'est lui. Le reconnaissez-vous ?. Il était plus jeune évidemment. Nous étions ensemble à l'IDHEC. Pas dans la même année.

De 1970 à 1974, avant de devenir réalisateur de cinéma, il réalisait des BD (scénario et dessin) dans Pilote. Il a longtemps été un pilier des rubriques "actualités". Son amitié avec Gotlib remonte à cette époque.

Il a aussi écrit et dessiné de nombreux récits complets entre 1 à 8 pages. Sans oublier deux histoires à suivre : "la longue nuit de Korneblu" et "Mr le censeur aux champs".

Mais, la BD n'était qu'un moyen d'attentre de devenir ... cinéaste (il écrit lui-même : "Je jour où je signe mon premier contrat de film, j'arrête de dessiner").

Il propose un film sur, avec, autour de Marcel Goltlib. Pourquoi pas ?

 

Mauvais choix.

And my name is Marcel Gotlib a été tourné, monté, post-synchronisé. Deux copies ont été tirées et puis... la télévision n'en a pas voulu. FIN.

Fin de l'aventure. Nous aurions mieux fait de commencer avec Resnais. La télé aurait été intéressée. 

 

 

Finalement, And my name is Marcel Gotlib a servi de brouillon aux Vécés. 

 

Le réalisateur en question - celui que je désigne du nom de"quidam" - connaissait si bien Marcel Gotlib, au côté duquel il a travaillé quelque temps à Pilote, qu'il vont réaliser ensemble un chef d'oeuvre du mauvais gout :  Les vécés étaient fermés de l'intérieur.

 

De ce film, sorti en 1976, Le broncolli qui tousse fait dire au réalisateur :

Jean Rochefort était également frustré de se voir voler la vedette par Coluche qui, lui, était complètement impliqué dans ce film, c'est d'ailleurs la principale attraction du film: Coluche avait une vis comica incroyable et il transfigure littéralement un film pourtant navrant.

« Les vécés étaient fermés de l'intérieur » est la preuve que même les associations des meilleurs peuvent être contre-productives: Marcel Gotlib, Roland Dubillard, Coluche et Jean Rochefort [et le quidam] sont des gens dotés d'un talent fou individuellement mais dont l'addition a conduit à la catastrophe. J'ai déjà parlé du manque d'implication de Jean Rochefort, il faut aussi noter que le scénario est pour le moins bancal: je crois Gotlib quand il dit qu'il s'est amusé à écrire ce scénario mais ce qui rend très bien en bande-dessinée rend beaucoup moins bien à l'écran, d'autant plus que ce film, voulu comme une comédie, était éclairé comme un polar (à la demande de la Gaumont).

 

Pour notre malheur, Liane et moi étions les producteurs de ... Non, non, pas des Vécés, mais de "And my name is Marcel Gotlib". 

Quand je dis "produire", ne croyez pas que nous disposions d'une fortune personnelle : nous vivions Liane et moi avec mon salaire d'assistant à l'université de Strasbourg. L'équivalent d'un Smig. C'est tout ce qui me restait lorsque j'avais payé le train et l'hôtel pour aller "donner" mes cours chaque semaine. Avec de telles conditions, on peut effectivement écrire "donner des cours".

 

Pour notre malheur surtout, nous avions un coproducteur.

Un fripouille dont nous parlons plus loin, sur une autre page.

 

Nous gardons un assez mauvais souvenir du tournage mais, que le projet était séduisant.

Nous expliquons plus loin aussi, ce que viennent faire dans l'aventure, Claire Bretecher et Nelly Kaplan, la BD américaine des années 50 et Alain Resnais, Mandrake, Lee Falk, Federico Fellini et Marcello Mastroinanni, et puis Moëbius et d'autres en attente d'alter ego. 

 

 

Avant de quitter cette page,

... voyons le début du film :

And my name is Marcel Gotlib, tout à la plume, rien au pinceau.

 

 

 

 

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© Jacques Willemont