Remonter au niveau supérieur de l'arborescence "Goldorak"

 

 

 

Goldorak

BRH

 

 

Éléonore

Racontez-nous ! 

 

Jacques

BRH est le sigle de : Bruno, "R" je ne sais plus quoi et Huchez. Il nous rejoint en effet

à Milan, ce printemps 1997.

A l'époque, il se faisait appeler tout simplement Bruno Huchez. Ce sont les millions d'euros gagnés avec Goldorak qui lui ont donné la grosse-tête. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais il y a un côté prétentieux dans l'usage des initiales, genre DSK, MMO, FOG, JFK, NKM, NVB, J2M ... A gauche comme à droite. C'est peut-être un signe de pouvoir. Ils ont vraiment besoin de ça ?

 

Éléonore

Quelle était sa fonction ?

 

JCW

Vous permettez ? Dorénavant, ce sera JCW.  Pour Jacques Clotaire Willemont.

Ou JWR pour Jacques Willemont Réty ? Qu'en pensez-vous? Rien à foutre ? Bravo.

Quelle était sa fonction, ... À qui ? La fonction deDSK ? ... Meilleur baiseur du parti socialiste. Bon, je rigole. Parlez de la vieille affaire Goldorak m'ennuie. Affreusement.

La fonction de Bruno Huchez ? Il était responsable du développement à Marubeni. Responsable vraiment ? J'en doute. Qu'importe.

A ce titre, l'audiovisuel relevait de ses prérogatives. Pour la banque Marubeni, une goutte d'eau.

 

Éléonore

Et que faisiez-vous au Mifed ?

 

JCW

Puisqu'il s'agit d'un marché du film de télévision, nous vendions des films aux télévisions. Banal, hein ? Plus précisément :

1 - Liane cherchait de nouveaux diffuseurs pour la série documentaire De l’Afrique et des Africains. Entre parenthèse : une belle réussite puisqu’elle signera 17 contrats de diffusion avec des télés du monde entier.

2 – Personnellement, je présentais le film Un homme par millions aux diffuseurs intéressés par la série Avoir 20 ans. Je venais de le tourner au Japon dans le cadre d’une coproduction avec la chaine japonaise NHK.

J’avais intégré dans le montage, 40 secondes du film Mazinger Z que j’avais découvert par hasard à la télé, dès mon arrivée à Tokyo.

3 – Nous testions aussi, évidemment, l’intérêt des télés européennes, dans le cas ou Mazinger Z marcherait bien en France.

4 - je recherchais des films sur tous les peuples vivant sur la planète. Nous avions le projet Encyclopédie des peuples dans le ligne de mire. Pierrette aurait fait partie de l'équipe. Pierrette ... mon ex-étudiante.

 

Éléonore

Vous ne m'aviez jamais dit cela. 

 

JCW

Voyons d'abord les incohérences du "Mythe Bruno Huchez".

 

Éléonore

Qu'avez-vous à dire, par exemple, de son récit de la découverte de "Goldorak".  On le trouve sur le site "Invincible-goldorak". Un internaute, un certain Vilak, rapporte les propos tenus par un journaliste, il me semble :

"C’est précisément pour cette raison que Huchez, jeune trentenaire, est venu à Tokyo en 1975. Assis dans sa chambre d'hôtel en attente d'un appel téléphonique d’une société qui veut vendre des tracteurs en France, Huchez passe le temps à faire du "zapping" à la télévision jusqu'à ce qu'il tombe sur un programme qui retiens son attention: le dessin animé UFO robot Grendizer.

Malgré l'obstacle de la langue, en jeune homme alerte et avec un oeil toujours tourné vers l'entreprise, il pense immédiatement que ce cartoon pourrait être un produit intéressant qui pourrait marcher en Europe et il cherche immédiatement le moyen d'avoir des informations sur les producteurs. Appelant la réception, il demande dans son anglais de base une interprète. Cinq minutes plus tard, arrive une femme charmante et avenante qui commence à se déshabiller (évidemment le standardiste a mal compris la demande). Après un dialogue de sourds, la fille agacée se rhabille et calque la porte. Ensuite, Huchez rappelle la récéption et demandant avec force une interprète et pas une p...  Malheureusement, c’est également une prostituée qui lui est proposée mais celle-ci connais l’anglais et peut lui traduire les crédits du générique de fin. Lorsqu’elle s'exclame "Toei Doga! », il a l’information qu’il désire".

Qu'est-ce qui n'est pas vrai ?

 

Jacques (JWR rend son tablier)

C'est ni vrai, ni faux. Ou plutôt, c'est un peu les deux.

Voulez-vous ma version ? 

 

Éléonore

Je ne demande que cela. Je suis toutes ouïes.

 

Jacques

Mais avant, je signale une garve incohérence. 

- Admettons que Bruno Huchez découvre effectivement Grendizer en 1975.

- Admettons également, comme il le raconte ailleurs, qu’il obtient rapidement un rendez-vous avec le président Chiaki Imada et M. Hayashi, directeur des ventes à l'étranger.

- Admettons toujours qu’il rencontre ces deux personnes au restaurant Maxime, situé à l'édifice Ensoleillé dans le quartier Ginza.

Pourquoi, si c’est vrai, n’a-t-il pas signé de contrat ?

 

Éléonore

Si, si, il a acaquis les droits de diffusion. Il faut lire Jacques ! la fiche Wikipédia le dit clairement :

"Convaincu du succès de cette série sur les écrans européens, il rencontre Tōei animation, producteur de la série et acquiert les droits de diffusion, alors que TOEI n’exportait pas ses produits et que le marché européen était réservé aux États-Unis. Dans la foulée, il crée IDDH en 1977, une société de gestion de droits audiovisuels".

 

Jacques

Je ne comprends pas. Fin aout 1976, je demande à la direction commerciale de Toei, l'autorisation de reproduire 45 secondes de Mazinger Z / Grendizer dans le film

Un homme par millions que je réalise avec et pour la chaîne japonaise NHK.

Quand je vois le succès au Japon et aux Etats-Unis de ces dessins animés de robots géants, je vois surtout la vache à lait qui nous permettrait de nourrir NOTRE GRAND PROJET, l’Encyclopédie de peuples : 1 000 films sur toutes les sociétés du monde, existantes ou ayant existé. Cela aurait eu de la gueule, n'est-ce pas ?

La direction commerciale de Toei est d'accord et elle me recommande de contacter un certain Bruno Huchez à Marubeni France.

Il nous adorera sans problème, disent-ils, un contrat d'exclusivité pour la diffusion des séries en Europe.

 

Éléonore

Oui. C'est curieux en effet. Vous pensez que Huchez ré-écrivait sa vie ?

 

Jacques

Ce que je peux assurer ... Oui, il a en effet ré-écrit sa vie. C'est son droit. Mais, abordons le sujet autrement. Je vais vous raconter comment j'ai découvert Mazinger Z / Grendizer.

 

Éléonore

Avec plaisir, mais vous me l'avez déjà raconté il y a cinq ou six ans.

 

Jacques

Les "autrzs" comme vous le dites, ne connaissent pas l'histoire.

J'arrive fin aout 1976 à l'aéroport de Tokyo pour réaliser un film de la série Avoir 20 ans.  Le sujet ? Une jeune japonaise refuse le système patriarcal de son pays. Ele veut vivre aussi libre qu'un garçon de son âge.

Je suis accueilli très cérémonieusement par trois personnes de NHK : courbettes, échanges de carets de visites, …

Je ne traîne pas. Je suis fatigué par le voyage en Tupolev mal pressurisé. Une étape à Moscou. Je prends un taxi qui m’amène à l’hôtel réservé par NHK.

À peine dans ma chambre, j’allume la télé dont les multiples chaînes, comme aux Etats-Unis, me fascinent. Je zappe, évidemment

Soudain, un robot en dessin animé tend son avant-bras et celui-ci se transforme en fusée. Elle démolit son adversaire.

Le robot « femelle » si vous me permettez ce terme, se tourne vers un autre adversaire et ces sont ses deux seins qui, eux-aussi, se transforment en fusée et partent à toute bringue. Fffut ! Touché. Explosion. Du jamais vu.

Le lendemain, à la réunion à la production, je me renseigne :

"- Mazinger Z. Toei". Les mots suffisent. J’ai déjà raconté la suite.

 

Éléonore

Mais c'est l'histoire de Huchez. Sans les prostituées.

 

Jacques

Non, c'est l'histoire que je lui ai racontée lorsque je suis passé quelques jours plus tard, en septembre 76, à son bureau rue de Ventadour, il me semble. Près de l'Opéra.

Pourquoi ce pauvre Huchez ne s'est pas contenté de profiter de mon initiative, d'empocher les sommes faramineuses qui étaient destinées à l'Encyclopédie des peuples ? Pourquoi a-t-il fallu qu'il me vole mon anecdote ? C'ets nul ! C'est médiocre !

Et la fin de l'histoire est pitoyable : cette série de banqueroutes de toutes ses sociétés. Et la mort de cette pauvre femme du fait de son irresponsabilité. Je ne médits pas : il a été reconnu coupable par un tribunal.

Vous me demandez ce que j'aurais fait de ce fric, moi ? Je vous l'ai déjà dit : j’aurais créé une collection de films dont il n’y a pas l’équivalent aujourd’hui. Des programmes multimédias de transmission des connaissances et des compétentes. Des méthodes actives d’enseignement.

Rahhh ! C’est rageant. Et bien dommage !

 

 

 

 

 

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© Jacques Willemont