Remonter au niveau supérieur de l'arborescence "Cinéma du réel"

 

 

 

Cinéma du réel

L'accaparation

 

 

 

Avant Rouch, la BPI s'était déjà approprié le festival.

 

Avant-propos :

A partir des informations dont je disposais, j'avais rédigé un texte assez sévère sur

le rôle de Danielle Chatereau, responsable cinéma de la BPI en 1978.

Catherine Blangonnet qui travaillait à la BPI à cette époque, s'est dit choquée par ce que j'avais publié sur Danielle Chantereau.

Les informations qu'elle m'a communiquées m'ont conduit à remanier partiellement le texte.

Je conserve toutefois le jugement porté sur son éditorial dans le catalogue en 1978 : son texte constitue, pour moi, une « accaparation » de L'Homme regarde l'Homme. u festival. Cela m’avait choqué, aussi, à cette époque (voir ci-dessous)

 

Par contre, je remercie 40 ans plus tard, Danielle Chantereau d’avoir pris ma défense après le coup de Jarnac de Rouch. J’eus pu le faire plus tôt, si j’eus été informé.

 

Voilà l’extrait de l’email que Catherine Blangonnet m’a aderssé :

Je me souviens très bien de ce qui s'est passé. Danielle t'a vivement défendu auprès de René Fillet, devant Rouch et Jean-Michel Arnold. Je n'assistais pas à cette réunion à quatre, mais je revois encore, à la sortie du bureau de Fillet, (un de ceux qui était fermé dans ces bureaux paysagers) son visage blême (c'est un mot que je n'emploie pas généralement mais c'est vraiment ce dont je me souviens), son visage défait. Elle m'a immédiatement raconté l'affrontement. Elle en pleurait. Contrairement à ce que tu crois, elle a argumenté longtemps en ta faveur, ne supportant pas de te voir évincé du Centre. Mais le rapport de force était trop défavorable : une jeune conservatrice de bibliothèques en face du pape du cinéma ethnographique. Avec cela, un directeur gentil, mais dont la situation était peu assurée dans le Centre et qui ne voulait pas faire de vagues. La lâcheté est bien partagée. Moi aussi, j'étais absolument révoltée mais je suis restée dans le service audiovisuel, alors que Danielle a quitté la Bpi pour l'Ina fin1978.

 

Note : Catherie Blangonnet est responsable de la mission pour l’audiovisuel de la Direction du livre et de la lecture, après avoir exercé à la Bibliothèque publique d’information. Elle est rédactrice en chef de la revue Images documentaires.

 

 

L'éditorial en question.

Dans le texte de l'éditorial dans le catalogue du festival (page 4),

Daniele Chantereau ne parle que d’elle. « Elle » et « Son » département à la BPI étant confondus. Paul Hopckings, c'est elle. La Cinémathèque finlandaise, c'est elle. Lydia Chagoll bien sûr et même la sélection de films ethnographiques.

La revue Impact a l'honneur d'une citation. Jacques Willemont, d'aucune. C'est un peu gros quand même. D'autant plus que :

 

1 - je connaissais Paul Hockings depuis notre rencontre à Chicago en 1973. Je l’avais donc contacté pour lui demander une sélection de films (je suis toujours en relation avec lui) ;

 

2 - le finlandais Yukka Mannerkorpi était un ami (nous avons fait l’IDHEC ensemble).

Je l'avais également sollicité parce qu'il avait écrit en 1975 un article intitulé

La Cinémathèque et le film ethnographique : la solution finlandaise, dans Impact n°2 ;

 

3 - Liane Willemont, membre d'Impact, était en relation avec la belge Lydia Chagoll. Elle distribuait son film Au nom du Furher en salle (Impact préparait un numéro spécial autour de ce film).

 

4 - Enfin, qui peut, mieux qu’un ethnologue ...

concevoir une programmation sur le thème 

« Minorités et cinéma »

 

... deux ethnologues, et moi-même j’en suis un, si vous me permettez de commencer par moi.

Tout au moins, le plus compétent de "l'équipe qui a préparé" le festival.

Je possède une Maitrise d'ethnologie (Nanterre) et un DEA (Strasbourg) qui va me permettre d’enseigne 35 ans dans l’Institut d’ethnologie à l’Université de Strasbourg.

Mais surtout, concernant l'ethnologie, nous avons bénéficié des conseils de :

Maurice Godelier, 

... l'un des plus grands anthropologues contemporains.

Je le connais depuis 1975. Lionel Ehrhard, le rédacteur en chef d'Impact, l'avait intérrogé pour le n°3 d’Impact consacré à Anthropologie et impérialisme (page 14).

L’année suivante, nous avions projeté à Créteil une partie du Corpus Baruya qu’il avait réalisé avec Ian Dunlop en 1969, en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Il a accepté de faire partie du Comité de Sélection des films : son avis s'est révèlé précieux. Il est cité ...

 

Pour information, nous sommes toujours en relation : je prépare un film sur son travail d’Anthropologue.  

 

 

Pour conclure.

Il me semble que la programmation de la 3ème édition du festival doit beaucoup à notre équipe, sans laquelle cette première édition beaubourgeoise n'aurait pas pu exister.

Et même, si vous me permettez un moment d'égarement egotiste : cette première édition n'aurait pas pu exister sans moi.

N'existe-t-il donc pas à la BPI, dans le cercle de ses Amis du festival quelqu'un d'assez généreux pour "rendre à Willemont ce qui appartient à Willemont". 

 

Ce "généreux" a existé.

Il faut le raconter. En 2010, Javier Packet-Comyn, directeur artistique du festival Cinéma du réel, me téléphone. Il vient découvrir que je suis à l'origine du festival

Il me propose de présenter dans la grande salle, le film Trobriand Cricket de Jerry Leach, sélectionné en 1978.

 

N'est-ce pas étonnant ? Nullement. Parce qu'il s'agit d'un .... belge. Pas d’un membre du petit cercle de gens qui se passent, de l'un à l'autre, les directions des festivals certainement pour pouvoir augmenter leurs prétentions de rémunération.

Et surtout, il n'est pas parisien. Enfin, je crois ...

 

Au premier abord, je ne suis pas enthousiasmé par ce projet. Il insiste. J’accepte. Surtout par respect pour lui.

Je devais intervenir le dimanche 21 mars à 19 h 15. A 10 heures du matin, neuf heures plus tôt, je reçois un appel, …

Vous ne devinerez pas ce que Javier Packet-Comyn m’a dit : 

« Il y a une alerte à la bombe … La séance est supprimée »

 

S'il vous plait. Pouvez-vous me dire qui a eu cette idée si peu crédible ? Que je l'honore en l'inscrivant sur la liste de l'Académie des 40 crétins.

Mais pour ne pas perdre la face,  Javier Packet-Comyn m'a proposé de présenter le film la semaine suivante, dans la salle MK2.

En dehors de Beaubourg, bien entendu, puisque J’ETAIS LA BOMBE. D'où l'alerte en question. Pauvre de nous !

Lorsque j'étais jeune, cette générosité était la norme. Aujourd'hui, c'est chacun pour soi. Je ne rencontre plus de personnes généreuses. Elles sont comme le Panda géant et la Tortue à nez de cochon (photo) en voie de disparition.

Je plains mes petits-enfants.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Version imprimable Version imprimable | Plan du site
© Jacques Willemont