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Cinéma du réel

Inauguration 2018

 

 

Jacques Willemont a inauguré (sic) le festival "Cinéma du réel".

 

Message d'Éléonore du 23 mars 2018, tôt dans la matinée.

Jacques, est-ce vrai que tu as pris la parole hier soir au moment de l'inauguration ?

 

JW

Oui, ecoute. (je suis un peu tendu ; cela s'entend à mon souffle. Mais ce n'était pas facile de s'imposer de cette manière).

Et si tu veux la transcription du texte, la voilà.

 

Éléonore

Tu étais invitée ?

 

Intermède :

La réponse à la question et la suite figure ci-dessous, mais il est intéressant de signaler que Jacques Willemont a écrit le 12 avril à Andréa Picard,

la nouvelle directrice artistique du festival Cinéma du réel, avec copie à

Julie Paratian, la Présidente des amis du festival.

 

Cliquez pour consulter le courrier.

 

Six mois plus tard, nous n’avons toujours pas reçu de réponse.

 

Sans réponse le 15 mars 2019 : We shall return comme aurait dit Douglas MacArthur. Et en fanfare, cette fois-ci. Et je m'efforcerai à oublier que je suis généralement gentil, poli et réservé. 

 

En attendant :

Le 16 mai 2018, Jacques Willemont a envoyé une carte postale ainsi rédigée :

"Un peu de générosité, SVP. Imaginez que cela vous arrive, un jour.

Comme moi, vous n'auriez commis aucune faute sauf que, ayant eu des idées plein la tête, vous auriez été victime d'un "rapace"  (je parle de Rouch). Comment le vivriez-vous ? Plus mal que moi, probablement. Parce que je m'en fous un peu. Aujourd'hui, c'est un jeu pour moi. Je m'amuse. Vraiment. Beaucoup. Et je n'ai pas fini.

Je sais, c'est cornélien : vous savez que la lâcheté de Beaubourg à l'époque est une tâche. Et vous ne savez pas comment vous en défaire. 

Sachez aussi qu'en plus du rapt du festival, le "rapace" a détruit des réalisations et des projets fabuleux.

Un exemple ? Julie, jeune productrice que vous êtes, par ailleurs, présidente des "Amis" avez-vous déjà diffusé une série de 13 films dans 17 télévisions dans le monde ? Moi, je l'ai fait. Avez-vous monté un système qui aurait dû permettre de créer la plus large collection de documents sur les peuples de la Planère ? Je le préparais. Tout a été détruit.

Alors, un peu de respect, s'il vous plait. Parce que, finalement, vous êtes là, l'une et l'autre, parce que je l'ai voulu il y a 43 ans".

 

 

(suite : je réponds à la question d'Eléonore : "Tu étais invitée ?")

JW

Non, je n'étais pas invité mais ne suis-je pas le fondateur du Festival ? Je n'ai pas besoin d'invitation.

(rire)

 

Éléonore

Raconte-moi comment cela s'est passé.

(la conversation continue sur Skype)

 

JW

Serge Lavignes, le directeur du Centre Pompidou a pris la parole en premier.

Il a signalé ce que tout le monde sait : le titre du festival - Cinéma du réel - est à coucher dehors.

 

Éléonore

Et ensuite ?

 

JW

Attends, attends. Laisse-moi te raconter à ma manière.

(je signale d'abord que la photo est extraite du blog du Festival. Question au photographe anonyme : est-il possible d'avoir une photo de mon intervention ?).

 

Je reprends. Ensuite, Christine Carrier, présidente de la BPI, a félicité nominativement tous ceux, vivants et disparus, qui sont intervenus depuis 40 ans, pour créer et faire prospérer ce festival.

 

Éléonore

Je suppose qu'elle t'a oublié ?

 

JW

Je me suis donc avancé avec mon appareil-photo en bandoulière. 

Je m’étais placé un microémetteur sur le revers de ma veste et j’avais enclenché l’appareil qui enregistrait le son.

Je comptais même enregistrer l’image, mais je n’ai pas remarqué quelqu’un au premier rang que je connaisse et qui aurait pu tenir l’appareil. D’où ces images flottantes que mon appareil a saisies en même temps que ma voix.

 

Éléonore

Tiens, je t'envoie une meilleure image. Et ensuite ?

JW

Ils m'ont regardé venir vers eux et prendre place à leurs côtés au moment où Christine Carrier allait passer la parole à la directrice artistique. Et je me suis lancé :

Il y a quarante ans, à quelques jours près, la troisième édition du festival de cinéma documentaire "L’Homme regarde l’Homme" est inaugurée ici même, comme aujourd’hui.

A côté du fondateur du festival se tient Olivier Barrot, etc...

 

Éléonore

Tu vas laisser le son en place sur cette page ?

 

JW

Oui, oui, clique dessus et ça repart. Je pense le faire circuler avec la transcription. Je ne sais pas encore comment. Une page Facebook peut-être ?

 

Éléonore

Les deux directeurs, là sur la photo, connaissaient-ils ton existence ?

 

JW

Non. Mais c'est chose faite. Sache aussi que mon nom figure sur la page Wikipédia du festival ...

 

Éléonore

... que l'un et l'autre n'ont jamais regardé. Toutefois, tu aurais pu les prévenir, leur envoyer un courrier annonçant ton arrivée ...

 

JW

J'ai fait mieux. Je m'étais manifesté en 2015, à l'occasion du 40ème anniversaire de la création de "L'homme regarde l'homme", le festival que la BPI va récupérer en 1978. Cet « Homme regarde l'homme » qui allait devenir « Cinéma du réel ».

 

Éléonore

"L'homme regarde l'homme" était un bien plus joli titre.

 

JW

Je suis bien d'accord avec toi. Mais revenons en  2015. J’avais contacté Dominique Barneaud (c'est lui, là, au milieu). Il était alors président de l'association "Les amis du Cinéma du réel".

Je le connaissais parce que je lui avais fait cadeau deux ou trois ans plus tôt, d'un extrait de mon film La reprise du travai aux usines Wonder.

pour un film qu'il produisait chez Agat films.

 

Éléonore

Il est curieux que ces gens demandent toujours des "cadeaux" alors qu'ils gagnent cinq fois plus que toi avac ta pauvre retraite que l'université te verse aujourd'hui ...

 

JW

Et eux, ne font jamais de cadeau ...

 

Éléonore

Reprenons ...

 

JW

Je lui ai envoyé un email en 2015, donc :

"Dominique, il serait temps d'honorer le fondateur du festival Cinéma du réel".

 

Éléonore

Il t'a répondu ?

 

JW

Il m’a simplement répondu que pour faire état de mon rôle dans ce festival,

« - C’est bien compliqué ! » sans rien de plus.

 

Éléonore

Qu'as-tu fait après ton petit discours.

 

JW

J'ai été un peu applaudi, mais dans ce genre de circonstance, les gens applaudissent sans savoir de quoi il retourne exactement.

 

Éléonore

Tu aurais dû dire que c’était toi le réalisateur de La reprise du travail aux usines Wonder. Là, c'aurait été l’ovation. Tout le monde connait ce film. Voilà une occasion râtée de te faire mousser. Je suppose qu'après cela, tu est parti ...

 

JW

Je suis en effet parti, droit comme la justice. En s'éloignant, j'ai entendu Christine Carrier dire un peu n'importe quoi, du genre :

"Nous recevons beaucoup de proposition et nous ne pouvons pas toujours répondre..."

Qu'elle ouvre le catalogue du festival de 1978. Elle constatera que Danièle Chantereau, la responsable cinéma de la BPI à cette époque, nous a sollicité pour monter "L'homme regarde l'Homme" chez eux. Et pas l'inverse. Ils n'avaient pas grand chose à présenter, côté cinéma, dans un Beaubourg tout neuf, mais un peu vide. 

 

Éléonore

Tu rentres chez toi et ...

 

JW

Liane immortalise l'événement.

 

Éléonore

Quelles têtes vous aviez, tous les deux, Liane et toi en 1975, au moment du lancement du festival ?

© Liane Willemont - 22 mars 2018 - 21 h 50

JW

Pour vous faire une idée, cliquez sur l'image, là à gauche.

 

Éléonore

C'est un photogramme de film ...

 

JW

... oui, de Cinéma en Herbes, une émission d'Antenne 2 (la deuxième chaine de la télévision française à l'époque). En 1973, l'équipe de télé était venue filmer le tournage du film Le coeur gros que nous réalisions avec Jean Claude Forest, le dessinateur de Barbarella.

La caméra présente la productrice et ingénieur du son (Liane Willemont), le réalisateur (Jean-Claude Forest) et de directeur de la photo (Jacques Willemont).

Tout le tournage (en 35mm couleurs avec projection frontale) se déroule dans l'atelier d'artisan sis, 66, rue de la Fontaine au Roi, dans le 11ème, qu'ils ont tranformé en studio de tournage et de projection. 

Pour consulter un extrait du film, il suffit de cliqeur sur l'image.

Vous constatez que notre espace de travail ressemblait un peu au studio Jenner de Melville. Pour la petite histoire, l'atelier-studio nous servait également de lieu de vie.

 

Éléonore

Pourquoi le fondateur de L'homme regarde l'homme --> Cinéma du réel n’est-il plus à la tête du festival ?

 

JW

C’est écrit sur la page Wikipédia de Jean Rouch : "En 1978, Jean Rouch s'intéresse au festival « L'homme regarde l'homme » créé par Jacques Willemont en 1975 à Créteil, puis déplacé en 1978 à Beaubourg. Il se l'approprie et le rebaptise « Cinéma du réel » ; le festival existe toujours".

 

Éléonore

Pourquoi la BPI refuse-t-elle d'écrire ton nom sur l'historique du Festival ?

 

JW

Parce que, pour eux, le fondateur - c'est-à-dire moi - est mort. Symboliquement s’entend.

 

Éléonore

Pourquoi n'es-tu pas venu plus tôt revendiquer ta légitime reconnaissance ?

 

JW

Je vous l'ai déjà dit, je l’ai fait. Il y a quatre ans. Au près de Dominique Barneaud, alors président des Amis du festival, ...

J'attendais surtout l'arrivée d'un nouveau directeur artistique de Cinéma du réel, genre Javier Packer-Comyn, ... un homme honorable. Le seul dans toute cette affaire.

 

Éléonore

C'est quoi cette histoire ?

 

JW

C'est une histoire longue et "compliquée" pour paraphraser Dominique Barneaud.

 

 

Éléonore

Pourquoi Rouch a-t-il accaparé "L'homme regarde l'homme", pour l’abandonner rapidement et monter son festival personnel, le "festival Jean Rouch" ?

 

JW

J'ai commis un crime de lèse-Rouch-majesté. Je lui ai prouvé que Liane et moi pouvions faire mieux que lui dans certains domaines. Je m'explique.

Les films réalisés en 16mm par le Comité du film ethnographique de Jean Rouch étaient généralement vus par 1 000 à 2 000 personnes, alors qu'ils coûtaient des dizaines de milliers de francs

A Chicago en 1973, au congrès d'anthropologie visuelle, j'ai dénoncé ce gachis. Sans citer, ni viser personne.

A mon retour en France, je contacte des réalisateurs de films ethnographiques, des chercheurs du CNRS pour la plupart, et je leur propose d'adapte leurs films dans le cadre d‘une série intitulée "De l’Afrique et des Africains".

Grâce à l'émission Cinéma en Herbe ci-dessus, la télé va nous mettre le pied à l'étrier, comme on dit, et je vais monter 13 films de 20 minutes.

Liane Willemont va convaincre les responsables du documentaire de 17 télévisions dans le monde, de diffuser cette série de 13 films. De 7 à 10 millions de personnes vont les voir. En 14 langues. Un exploit.

 

Éléonore

J'imagine que cela était insupportable pour Rouch. J'imagine le monologue tagueur.

"- Comment ces deux jeunes cons peuvent-ils faire bien mieux que MOI, le Pape du film ethnographique?"

 

JW

Il ne l’a pas supporté. Il ira jusqu’à interdire aux ethnologues de collaborer avec les Willemont, au risque pour eux de ne plus avoir de subvention du CNRS.

 

Éléonore

Non ?

 

JW

Si ! Intéressant, non ? De la part du "Commandeur" Jean Rouch.

 

Éléonore

Mais finalement, pourquoi et comment, toi le fondateur, as-tu été dépossédé de ce festival ?

 

JW

La réponse se trouve, à la scène 8 de l'Acte 1 du "Barbier de Séville" de Rossini, d’après la pièce de Beaumarchais :

Et le pauvre calomnié,
Humilié, piétiné
Sous le fléau public,
Par grand malheur s'en va crever.

La même chose en musique :

version Chaliapine

 

Éléonore

La Calomnie, donc. Mais quand, comment.

 

JW

Pour avoir la réponse, cliquez sur : Que dit Beaubourg,

 

 

 

 

 

 

 

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