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Cinéma du réel

Dans les fondations ?

 

 

 

Question : pourquoi le festival a-t-il si bien résisté au temps ?

L’argent de Beaubourg - NOTRE argent, l'argent des contribuables - y est pour quelque chose. Mais la BPI, à défaut d’ethnologues, compte quelques fonctionnaires qui ont fréquenté les amphithéâtres des universités de Sciences humaines.

Ont-ils croisé Paul Veyne parlant avec passion de la fondation de Rome et des rôles tenus par Romulus et Remus ? Pierre Bonnechere peut-être, évoquant celle de Lesbos où un taureau et une jeune fille vivante furent, je crois, jetés dans un fleuve ?

Après Rome et la Grèce, voyons l’Afrique avec Annie Lebeuf qui rappelle que lors de la fondation des cités Kotoko qui scellait la réunion de deux groupes humains autrefois ennemis, il fut exigé le sacrifice de la fille de l'un des groupes et du garçon de l'autre groupe : ils furent murés vivants dans l'épaisseur de l’enceinte de la ville.

Une histoire semblable me fut rapportée lorsque je travaillais sur les Gnawa à Marrakech.

 

 

Et oui. La fondation du festival "Cinéma du réel" a exigé un sacrifice humain.

Si vous passez tôt le matin, rue Rambuteau ou rue du Renard, vers cinq heures, lorsque Paris s’éveille, vous entendrez le vent dans les tuyaux d’un grand orgue à ciel ouvert.

Mais pas seulement. Si tout est calme, et si vous avez de la chance, vous entendrez une voix d’homme qui répète inlassablement depuis bientôt quarante ans :

« - Libérez-moi. Libérez-moi. Libérez-moi. ».

 

@ virusphoto.com

 

Bien plus, il arrive que des gens, à la fin d’une nuit blanche, se posent devant Beaubourg.

Cinq minutes, une heure, selon, et ils tendent l’oreille, espérant entendre cette voix inconnue dire :

"- Libérez-moi. Libérez-moi !"

 

Voix inconnue pour tous. Eh, c'est normal, depuis le temps.

Mais moi, je la connais bien cette voix.

 

Si vous voulez savoir de qui il s'agit ...

 

 

 

 

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© Jacques Willemont