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L'Académie des 40 ...

Gilles Braun

 

L'homme qui m'a causé beaucoup de soucis.

 

Éléonore

Beaucoup, baucoup ?

 

Jacques Willemont

Oui. Cela a commencé en 1986 et s'est terminé ... provisoirement ? ... en 2004, 2005, ... il faudrait que je vérifie.

 

Éléonore

A quel sujet ?

 

Jacques Willemont

Entre deux, il y a eu 1998. Puis 2000. Il n'est pas exagéré de dire "beaucoup". Beaucoup de soucis.

 

Éléonore

Soyez plus précis.

 

Jacques Willemont

Je vais tout vous raconter. Je préciserai au fur et à mesure, comme pour la pluie sur les sites météo, le % de certitude. 

Commençons, par le début ...

 

Jacques Willemont

En 1986, le Ministère de la culture lance un appel d’offres pour la réalisation de trois vidéodisques sur Lascaux.

- un programme culturel et éducatif interactif (couverture du coffret à gauche, là)

- deux vidéodisques pour éditer le Corpus Lascaux, réalisé par Mario Ruspoli, 

(il est aujourd’hui en ligne : cliquez pour visionner)

 

Je prépare une réponse au titre d'auteur et je contacte le groupe EAG pour porter le projet. Notre proposition est retenue.

La subvention du Ministre est attribuée à une filiale du groupe, la société EAG conseil dont Gildas Leroux est le directeur.

Curieux personnage que ce Gildas Leroux. Imaginatif, séducteur, … Nous venons à peine d’être sélectionnés qu'il est limogé. Il a occasionné une perte substantielle que le Président du groupe ne veut pas éponger (la suite de sa carrière sera très mouvementée, jusqu'à ces dernières années où, semble-t-il, il parait "assagi").

Il est remplacé à la tête d'EAG Conseil par un certain Braun (j’ai oublié son prénom).

Le frère de Gilles Braun, celui qui va devenir incontournable pour tout ce qui concerne le multimédia éducatif en Fance. Et ce jusqu’à aujourd’hui : n'est-il pas  le Conseiller spécial du Ministre de l’éducation nationale ?

 

Éléonore

Que faites-vous alors ?

 

Jacques Willemont

J’appelle Gildas Leroux. Il accepte de récupérer le projet. Le groupe EAG donne son accord (sa filiale post-production interviendra dans la réalisation des masters). Le Ministère de la culture suit. Je lance la réalisation de Lascaux revisité.

 

Éléonore

Quand intervient Gilles Braun ?

 

Jacques Willemont

Dès le début. En 1987, nous souhaitions réaliser un programme innovant, très innovant même. Aussi, nous recherchions un financement complémentaire.

Nous nous sommes tournés vers  le Ministère de l’éducation nationale pour leur proposer un programme informatique pour une utilisation du vidéodisque en classe.

 

Eléonore

Et ?

 

Jacques Willemont

Gilles Braun a refusé de soutenir ce projet pédagogique. 

Pourquoi ? Je ne sais pas.

 

100% de certitude, puisque c'est à moi qu'il a dit "non".

 

Eléonore

Aurait-il fait front commun avec son frère. Puisque mon frère n'en veut pas, je fais pareil. Si c'est cela, c'est ... Pardon, c'est regrettable. Parce que ce vidéodisque et son logiciel intéressaient évidemment l’éducation nationale.

 

Jacques Willemont

Oui. Le Ministère achètera une centaine de Lascaux revisité en … 1992, je crois. Lors du programme "Actif-interactif" lancé par Jacques Lang. Au moment où la technologie du vidéodisque tombait en désuétude (soupir).

 

Voix intérieure.

Avec ce vidéodisque j’ai eu maintes fois l’occasion de vérifier combien les enseignants deviennent ... dès qu’on leur accorde un peu de pouvoir..

 

Projet de collaboration avec le CDDP de Dordogne.

Les conflits de personnes entre des responsables du CRDP de Bordeaux et du Rectorat d’Aquitaine feront capoter le projet

(je vais demander à M. G. de me confirmer ce point)

 

Projet avec le CRDP d’Alsace.

La responsable des arts plastiques pour toute l’Alsace juge avec ... (je surveille mon vocabulaire) que les deux spécialistes de l’art pariétal, Michel Lorblanchet et Jean Clottes, directeurs scientifiques du vidéodisque Lascaux revisité, ont tort de parler d'artistes.

J'ai claqué la porte.

(le responsable édition du CRDP Alsace à cette époque pourrait confirmer)

 

Projet avec une équipe de trois enseignants en « pratiques artistes » de Strasbourg

Partie invitante, Christiane H. C'est une amie : elle nous reçoit chez elle vers 17 heures.

J’expose les potentialités d’un vidéodisque relié à un ordinateur. Ils comprennent parfaitement la répartition des rôles : à eux la création du contenu pédagogique et à moi la réalisation  – gracieuse – du logiciel.

On se quitte. Ils restent ensemble.

J’appelle Christiane le soir.

"- Alors ? 

- Ecoute bien, me dit Christiane, après ton départ ils n’ont parlé que de ton complet cravate ????? »

Non, non, je n’invente pas. Dans l’après-midi, j’étais passé au Conseil de l’Europe pour un projet sur les Chemins de Compostelle. Je m’étais mis sur mon 31 pour rencontrer le responsable du dossier, très à cheval sur l’étiquette m’avait-on dit.

Ces deux profs, ces deux petits profs à la noix, ne pouvaient pas travailler avec des gens trop bien habillés. Non mais ?

(demandez à Christiane si vous la rencontrez).

 

Je pourais raconter d’autres histoires, mais cela ne concerne plus Lascaux.

Pauvre éducation nationale. Pauvres de nos enfants.

 

Eléonore

C'est tout pour Braun ?

 

Jacques Willemont

Oh, que non !!!!!

Vers 1990, je réalise L'observation de la Terre à distance, un programme que je me suis permis de qualifier de fantastique, parce que multi-supports, multi-cibles, donc transmédia avant l’heure.

Consultez sa fiche. Vous verrez bien, surtout si vous conservez à l’esprit que j’ai créé ce programme il y a 27 ans.

Cette année-là, le Ministère de la recherche lance (en partenariat avec l’éducation nationale) un appel à projets « nouvelles technologies de transmission des connaissances », dont les « gagnants » seront dotés généreusement pour faire avancer rapidement leurs projets (près de 250 000 € aujourd’hui).

J’ai derrière moi l’institut de physique de Strasbourg ainsi que six équipes européennes parmi les meilleures (Allemagne, Autriche, Belgique, France, Grande-Bretagne, Italie)…

 

Nous avons tout pour être parmi les équipes sélectionnées. Et bien non.

La responsable de l’appel à projets au ministère de la recherche est catastrophée. Elle m’appelle (je ne me souviens plus de son nom, mais Gilles Braun devrait s’en souvenir lui : il lui suffit d’ouvrir ses vieux dossiers), … elle m’appelle donc pour me dire que l’éducation nationale affirme qu’un tel programme ne les intéresse pas.

Je me permets : « Est-ce Gilles Braun qui représentait l’éducation national ? »

Elle a esquivé la réponse. Normal : droit de réserve oblige.

 

Il nous reste plus qu'à lui demander, à lui :

Monsieur,

[...]

Il reste un point en suspens : concernant l’appel à projets du Ministère de la recherche en 1991, êtes-vous la personne qui a affirmé que le projet sur la télédétection, L’observation de la Terre à distance, n’intéressait pas l’éducation nationale ?

 

 

 

Réponse éventuelle.

En attente.

 

Éléonore

Vous n'escomptez pas une réponse ?

 

Jacques Willemont

Si, si. Enfin, peut-être ...

 

Éléonore

Il y a une suite ?

 

Jacques Willemont

Le projet "Télédétection" est resté dans les limbes, en attendant … un miracle.

Mais il y a eu bien d'autres projets dont certains heureusement aboutis.

 

Il faut vous dire que :

En 1988, afin de pouvoir monter mes projets en toute liberté, j’ai quitté l'université et j'ai opté pour le statut de mise à disponibilité.

Puis j'ai créé une SARL, ce qui m'a permis de :

- terminer et éditer Lascaux revisité que le producteur Gildas Leroux avait abandonné, contraint-forcé ; il avait déposé le bilan de sa société,

- lancer L’Europe des grottes ornées (premier volume d’une série archéologique intitulée Depuis 400 siècles l’Europe)

- réaliser la maquette de L’observation de la terre à distance (premier volume d’une série sur les sciences et les techniques)

- répondre à une sollicitation de la fondation De Gaulle pour un programme sur cet illustre persinnage.

 

Éléonore

Vous étiez combien dans cette société ?

 

Jacques Willemont

Cinq.

 

Éléonore

C’est impressionnant. Toutes ces réalisations avec seulement cinq personnes.

 

Jacques Willemont

Certes, mais  revenons à L’observation de la terre à distance, la télédétection.

En 1993 (je crois), le Conseil de l’Europe organise un symposium sur l’enseignement et la formation aux techniques de traitement des données obtenues par les capteurs satellisés, du type Spot.

L’équipe de l’ Institut nationale supérieure de physique de Strasbourg avec laquelle j’avais travaillé, m’a demandé de présenter la maquette très avancée que nous avions réalisée.

 

Je me souviens d’Hubert Curien, l’ancien ministre de la recherche, devenu président d’Ariane Espaces, voire de l’ESA (agence spatiale européenne). Il dirigeait ce symposium.

Lors de ma présentation, il était à 5 mètres en face de moi. Il écoutait avec … j’ai envie de dire, avec tout son corps. Il avait déjà de grandes oreilles, mais son corps en entier semblait constituer un capteur sonore, visuel, mental, …

"Où en êtes-vous, demande-t-il, dès que j’eus terminé la présentation.

- Au point mort. Malgré le fait que tous les partenaires, dont Spot images, nous soutiennent. Votre ancien ministère voulait nous aider, mais l’éducation nationale s’y est opposé".

Il s’est tourné vers une personne que je connaissais pour l'avoir croisée lors d’une réunion avec Spot Images à Toulouse.

Il m’a remercié et laissé entendre qu’il allait faire quelque chose.

 

Mais notre chance était passée. 

 

Éléonore

Attendons la réponse éventuelle de Gilles Braun pour connaître l'auteur de cette crétinerie.

 

Jacques Willemont

Qui que ce soit, que la foudre tombe sur la personne qui a osé déclarer en 1990 que notre programme sur la télédétection n’intéressait pas l’Éducation nationale. 

A cause de cette personne, j'ai arrêté la production, repris mon poste d'enseignant en fac, et j'ai remboursé les cautions bancaires que j'avais signées pour lancer L'observation de la Terre à distance.

J'ai mis dix ans à les rembourser. 

 

Éléonore

Je comprends votre colère.

 

Jacques Willemont

Je suis surtout en colère pour la mort de ce projet fantastique.
Je vais terminer par une histoire sûre à 100 % : j'étais là et il a trois témoins.

 

En 2000, je relance le projet L’Europe des grottes ornées sous le nom (plus commercial) de Lascaux, au-delà des images (titre intermédiaire Lascaux revisité).

Le porteur du projet est la coopérative "Les auteurs associés".

 

L'équipe réunie entre 2000 et 2004 a consacré plus de 5 000 heures de travail à cette réalisation.

Et cela continue : depuis le réveil du projet en  2016, les membres de l'équipe informelle que j'ai réunie a déjà offert plus de 1 500  heures de son temps.

Cliquez sur l'image pouer en savoir plus.

 

Éléonore

Commençons par le début.

 

Jacques Willemont

En 2000, TOUT NOUS SOURIT.

Le CNC (centre national de la cinématographie, dépendant des Ministères de la Culture et de l'Industrie) nous accorde une aide à la production de Lascaux, au-delà des images

.

Éléonore

J'ai lu quelque part que le Ministère de l'éducation nationale vous a soutenu également. 

 

Jacques Willemont

Oui. Absolument. Grâce à Pierre Mangin et à l’un de ses collègues de l’équipe NTIC (Nouvelles technologies d’information et de communication) : j’ai oublié son nom (qu’il m’en excuse).

 

Éléonore

Vous voilà bardé.

 

Jacques Willemont

Oui, et nous pouvons commencer à travailler sérieusement.

 

Éléonore

Et Gilles Braun dans cette affaire.

 

Jacques Willemont

Je ne sais pas où il était lorsque ses collègues du Ministère ont décidé de soutenir notre projet. Nous ne l'avons pas vu, nous n'en avons pas entendu parler.

Puis, soudain, il réapparait.

Le gérant des "Auteurs associés", notre coopérative, reçoit une lettre signée par lui.

Un remaniement structurel du Ministère donne dorénavant à Gilles Braun tous les pouvoirs sur le secteur « nouveaux médias » du Ministère.

 

Éléonore

Aïe, aïe, aïe !

 

Jacques Willemont

C'est le mot.

 

Éléonore

Comment cela s'est-il passé ?

 

Jacques Willemont

Très mal. Un tribunal de l’inquisition. Braun tient le rôle du procureur, du juge, des témoins,…

Il ne s’adresse qu’à moi.

Philippe Mari, le gérant de notre coopérative, en reste bouche bée. Pierre Mangin et son collègue assistent à la curée, impuissants.

De mémoire :

"Vous êtes en retard !

- Oui, mais nous attendons un financement complémentaire du Conseil général de Dordogne pour  engager un graphiste et un vidéaste".

S’il avait pu dire "J’en ai rien à foutre", il l’aurait craché.

J’ose :

"- J’ai l’impression que votre ressentiment mon égard remonte à lhistoire avec votre frère …"

Je ne finis pas la phrase, il éructe :

"- Cela n’a rien à voir avec mon frère".

Et, impitoyable :

"- Vous allez rembourser la subvention".

Dire qu’il a une telle responsabilité et que ... (censuré)

 

Pierre Mangin (ou son collègue) se penche vers Braun et lui murmure :

"- … Vice président … SACD … "

Une ombre passe sur le visage de Gilles Braun. Puis un rictus.

Un court silence. Il se reprend.

 

Éléonore

Pourquoi « … Vice président … SACD … » sont-ils des mots magiques ?

 

Jacques Willemont

Parce qu’en effet, Philippe Mari est vice-président de la société d’auteurs SACD. Ça en impose à un petit fonctionnaire.

Donc, Braun se tourne vers lui :

"- Monsieur Mari ? C’est cela ? Mon collègue m’incite à patienter un peu … "

 

Éléonore

Tout est dit ?

 

Jacques Willemont

Provisoirement, oui. Et vous voyez que là, c'est du 100% de certitude. Il suffit de demander à Pierre Mougin.

Pour en revenir à Braun, le voilà aujourd'hui. Un monsieur influent. Trop influent à l'aune de ses ...  

 

Éléonore

Vous avez dit "provisoirement" : il y a donc une suite ?

 

Jacques Willemont

Bof ! J'en ai assez dit. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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