L'autre mai

 

 

 

 

 

Pourquoi suis-je allé tourner à Nantes en 2006 ?

Parce je ne n'aime rien autant que de faire ce que les autres ne font pas. Depuis bientôt 50 ans, les « autres » sont, à l'image de William Klein, coincés entre la Sorbonne et Odéon. Lui, c’est normal, il habitait en face du jardin du Luxembourg, à deux cents mètres de l’Odéon. Il lui a suffi de descendre de chez lui pour réaliser ce film passionnant qu’est Grand soir, Petit matin (profitez du 50ème pour le voir, s’il vous est inconnu).

 

Mais les "autres". Ils n’ont pas cette excuse. La famille Kuiv, par exemple, qui nous ressort tous les dix ans le même film en changeant seulement l’ordre des séquences (j’exagère, je sais), ne nous ont rien appris que nous ne savions déjà.

 

Je suis parti à Nantes, parce que je savais depuis toujours que lorsque Cohn-Bendit est arrivé dans l'Ouest en 68, il n’a pas été accueilli par une foule de journalistes comme à Paris.

Le travail politique des ouvriers et des paysans à Nantes et à Saint-Nazaire, aidés par les étudiants, était beaucoup plus « révolutionnaire » que le chahut des étudiants du quartier latin, de leurs grands frères et de quelques uns de leurs pères (vous avez noté que je ne parle pas des femmes : les rares que l'on observe sur les photos ou dans les films de 68, sont juchées sur les épaules des garçons. Très sensuel tout cela).

 

J'ai vu, j'ai entendu, je suis revenu, je suis reparti.

Après avoir rencontré Yannick Guin et Sarah Guilbaud, j'ai été convaincu que c'était le film à faire. Absolument. Je l'ai fait. Mais avec beaucoup de difficultés, parce que tout le monde s’en fout à Paris de savoir ce qui s’est passé là-bas.

 

Pour vous faire une idée du style de l'émission, voici ses trois premières minutes.

Visionner.

 

 

 

 

 

 

 

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© Jacques Willemont