Remonter au niveau supérieur de l'arborescence "And my name is Marcel Gotlib."

 

 

And my name ...

Une fripouille met fin au rêve.

 

 

 

La fripouille ?

 

Notre coproducteur évidemment.

 

 

Vous connaissez peut-être L’écho des savanes diffusé actuellement par Édigroup.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais connaissez-vous la première version. Celle éditée à partir de 1973. J’ai retrouvé le numéro 3.

 

Ce sont les Editions Kesselring, une société suisse qui, me semble-t-il, avait lancé cette collection. Avec toute la bande de la BD d’alors. Elle a fait un  tabac. Immédiatement.

Kesselring avait monté une boite en France, pour diffuser le titre. Il en avait confié la direction à un certain Daniel Loewe (ou Lew).

 

 

Le choix de l’expression «un certain » doit vous mettre sur la piste de mon coproducteur.

C’est lui évidemment. Il roulait en jaguar. J’aurais dû me méfier. Mais il gagnait tellement de fric depuis quelques mois. Je pensais qu’il n‘avait pas encore eu l’idée d’être malhonnête. Mais c’était un homme doué.

 

Nous avons donc signé un contrat de coproduction, ce qui nous a permis de nous engager vis-à-vis du laboratoire cinématographique qui a consenti un crédit de six mois pour les travaux.

La banque nous a donné de quoi lancer le tournage. Pendant ce temps-là, avec Forest, nous contactions Resnais, Fellini, Kaplan et nous cherchions aussi le réalisateur à qui nous allions confier le film sur Jean-Claude. 

 

 

Un grand seigneur ...

Daniel Loewe  nous a invités chez Goldenberg, rue des Rosiers pour nous remettre le chèque du montant de sa part. Réglo. Il refile le chèque à Liane la présidente de notre société 7 production, et lance :

« - Caviar et vodka à volonté ».

Nous rentrerons chez nous complétement pétés.

 

Le lendemain matin, Liane dépose le chèque à la banque. La banque était en grève. Si, si, cela arrive. Le directeur met le chèque sous le coude ….

Vous imaginez la suite, … le banquier dira :

« - A 24 heures prêt, vous auriez eu l’argent. Maintenant, sa banque sait qu’il a vidé le compte et qu’il est parti en Israël. Il est à l’abri. »

 

Normal. Les juifs en ont tellement subi qu’il est normal qu’ils deviennent intouchables lorsqu’ils s’exilent pour échapper à la justice.

 

C’est ce jour-là qu'a commencé notre longue dégringolade qui se terminera en 1977. Dommage. Nous étions bons !

 

Toutefois, merci Loewe, Liane et moi, on se souvient toujours de la beurrée qu’on a prise à la vodka.

 

Alors que ceux qui vont donner le coup de grâce à notre aventure, ne nous ont pas régalé aux frais de Goldenberg. Parce que évidemment, il a aussi laissé un chèque en bois au restaurateur.

 

Si quelqu'un connait cette fripouille, qu'il lui dise bonjour de notre part. Et qu'il lui foute son poing sur la gueule également de notre part. J'attends.

 

 

La suite ?

Toutes nos productions ont été arrêtées pendant 6 mois (eh, la banque et la labo n'étaient pas très contents).

Puis la série n'était plus crédible. Les télé n'avaient rien à faire d'un seul film. Qui ne leur plaisait pas de surcroît. 

Oui, vraiment. Que celui qui retrouve Loewe (ou Lew) des éditions La marge, lui foute une très grosse baffe de notre part.

 

Suite de suite

Il y a dix ans, j'ai sorti la copie standard du film déposée à Bois d'Arcy : le quidam voulait qu'il figure dans son DVD sur les WC. Gaumont m'a refilé du flouze ce qui a permis de refaire les musiques initiales : les droits d'auteurs n'avaient pas été payés.

Depuis, j'ai retrouvé le négatif original.

 

J'ai pensé un instant faire restaurer le film, le numériser et le proposer aux diffuseurs. 

Mais ... voir La restauration du film

 

 

 

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© Jacques Willemont