Remonter au niveau supérieur de l'arborescence "And my name is Marcel Gotlib."

 

 

 

And my name ...

Le projet de série.

 

 

Un rêve. Un beau rêve. 

Dès que le quidam a donné son accord pour réaliser le premier film de la série, nous contactons Alain Resnais (nous aurions dû faire l'inverse).

Le rencontrer fut facile, parce qu’il connaissait très bien Jean-Claude Forest. Resnais était un grand amateur de BD : «Quand je suis fatigué, je lis un livre; quand je suis en forme, je lis une bande dessinée», disait-il. Resnais en a tiré une partie de son inspiration, rêvant même de films sur Tintin (projet sérieusement envisagé puis abandonné) ou Flash Gordon (dont il avait acquis les droits d’adaptation).

Il a fait appel à plusieurs dessinateurs pour ses affiches de ses films : Enki Bilal, Floc’h, Blutch.

 

La dernière affiche, celle dessinée par Blutch, pour Aimer, boire et chanter, donne à voir une troupe d’acteurs avançant soudés devant un arrière-plan fait de nuages.

Au-dessus d’eux et du titre, comme un présage, un homme semble voler dans le ciel, contemplant l’existence de plus haut ou rejoignant l’au-delà.

Les nuages masquent son visage, si bien que l’on ne peut savoir de qui il s’agit.

Et si le film permet d’interpréter cette image d’une certaine manière, la réalité ne laisse guère planer le doute: ce grand oiseau humain qui étend les bras comme on déploie ses ailes n’est autre qu’Alain Resnais, disparu le 1er mars 2014 à l’âge de 91 ans.

 

 

Alain Resnais

La rencontre fut très agréable. Une grande complicité s’est immédiatement établie entre Forest et Resnais. Il propose de tourner un film sur la BD américaine. Pas celle des super-héros, non, celle de la vie quotidienne. Il placera sa caméra sur un trottoir à la sortie d’une bouche de métro …

Il nous offre à boire. Pendant qu’il se lève pour aller chercher les boissons, nous nous regardons avec Jean-Claude : combien de milliers de mètres de pellicule va-t-il falloir ?

Il revient. On parle un peu production, mais pas de la pellicule. On se quitte bientôt, en se donnant rendez-vous pour la projection du film sur Gotlib.

Je ne rencontrerai jamais plus Resnais. Et je le regrette. A cause de l'homme et de la manière dont ce projet a été annihilé par une canaille.

 

 

Federico Fellini

 

Forest et lui se sont rencontrés en 68, à Cinecitta, à Rome, au moment du tournage de Barbarella, réalisé par Roger Vadim.

 

 

 

Le courant a passé tout de suite entre les deux hommes.

Fellini montait Satyricon, et il produisait une foule de dessins qu'il montrait volontiers à Jean-Claude Forest.

 

Six ans plus tard, il l'appelle :

"-Hé Federico. C'est Forest au téléphone. On prépare une série de films sur la bande dessinée ...

- Un fim sur mes dessins ?

- Non. Un film de Federico Fellini SUR la bande dessinée ...

- Un film sur Mandrake !

- Oui, ce serait bien.

- Avec Marcello en Mandrake.

- Mastroianni ?

- Oui ..."

Nous nous regardons, Jean-Claude et moi et je fais le geste de celui qui tire sur le manche d'une caisse-enregistreuse et je chantonne :

"- Money don't get everything it's true
What it don't get, I can't use
Now give me money
That's what I want…"

 

Ecoutez si vous voulez.

 

 

Allez. Un dernier dessin de Federico, avant de prendre la route vers La fiancée du Pirate.

 

 

 

 

Quand on connait les dessins de Forest, on comprend qu'ils se soient si bien entendus.

 

Et de deux. Resnais et Fellini. Reste à trouver l'argent. 

L'avantage de ne pas en avoir, c'est qu'on ne pense jamais qu'on peut le perdre.

Cela donne des ailes. Un culot fantastique. 

Nous aurions pu le trouver, si ... 

On verra cela plus loin.

 

 

 

 

 

 

Nelly Kaplan

Pour Jean-Claude et moi, Agrippine de Claire Brétecher, c’était La fiancée du pirate de la BD. Bernadette Laffont, quoi. D'où le choix de Nelly Kaplan.

Le contact fut sans passion. Pour elle, un boulot à faire. Sans plus. Nous nous sommes regardés. Moue désabusée de l'un et de l'autre.

 

Et de trois.
Mais avant de continuer la chasse aux réalisateurs et aux auteurs, voyons où en est And my name.

 

 

Si vous souhaitez savoir pourquoi le projet est mort et a occasionné beaucoup de dégâts ... il suffit de passer à la page une fripouile met fin au rêve

 

 

 

 

 

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© Jacques Willemont