Remonter au niveau supérieur de l'arborescence "Cinéma du réel"

 

 

 

Cinéma du réel

L'accaparation

 

 

 

Avant Rouch, Danielle Chantereau s'était déjà approprié le festival.

 

Qui est Danièle Chantereau ?

Une petite fonctionnaire, folle d'ambition.

Cela se voyait comme ... "le nez au milieu du visage" (c'est ce que l'on dit, je crois)

Des années plus tard, je la croiserai à l'INA (institut national de l'audiovisuel) où elle poursuit sa carrière.

 

Je crois qu'elle a appris très tôt ...

... que le CNRS, pardon, que Rouch allait agir. Je crois même qu'Olivier Barrot lui avait signalé qu'en 1975, il avait déjà fait l'objet de pressions.

Lui, avait réagi en homme d'honneur (voir ci-contre) :

"... nous ne nous soumettrons à aucun diktat d'aucun organisme..."

Bravo Olivier Barrot. 

 

Danielle Chantereau, elle, s'est applatie, immédiatement : elle s'est mise du côté du pouvoir.

Elle n'aura de cesse de minorer le rôle de mon équipe pour apparaître comme la seule "grande" organisatrice du festival. C'est lamentable ! 

 

Pour les sceptiques.

Vous croyez que je suis de parti pris ? Dans les deux colonnes du texte qu'elle a rédigé dans le catalogue du festival (page 4), elle de ne parle que d’elle. « Elle » et « Son » département à la BPI étant confondus. Paul Hopckings, c'est elle. La Cinémathèque finlandaise, c'est elle. Lydia Chagoll bien sûr et même la sélection de films ethnographiques.

 

Elle avait seulement oublié que :

1 - je connaissais Paul Hockings depuis notre rencontre à Chicago en 1973. Je l’avais donc contacté pour lui demander une sélection de films (je suis toujours en relation avec lui) ;

 

2 - le finlandais Yukka Mannerkorpi était un ami (nous avons fait l’IDHEC ensemble).

Je l'avais également sollicité parce qu'il avait écrit en 1975 un article intitulé

La Cinémathèque et le film ethnographique : la solution finlandaise, dans Impact n°2 ;

 

3 - Liane Willemont, membre d'Impact, était en relation avec la belge Lydia Chagoll. Elle distribuait son film Au nom du Furher en salle (Impact préparait un numéro spécial autour de ce film).

 

4 - Enfin, qui peut, mieux qu’un ethnologue ...

concevoir une programmation sur le thème 

« Minorités et cinéma »

 

... deux ethnologues, et moi-même j’en suis un, si vous me permettez de commencer par moi.

Tout au moins, le plus compétent de "l'équipe qui a préparé" le festival.

Je possède une Maitrise d'ethnologie (Nanterre) et un DEA (Strasbourg) qui va me permettre d’enseigne 35 ans dans l’Institut d’ethnologie à l’Université de Strasbourg.

Mais surtout, concernant l'ethnologie, nous avons bénéficié des conseils de :

Maurice Godelier, 

... l'un des plus grands anthropologues contemporains.

Je le connais depuis 1975. Lionel Ehrhard, le rédacteur en chef d'Impact, l'avait intérrogé pour le n°3 d’Impact consacré à Anthropologie et impérialisme (page 14).

L’année suivante, nous avions projeté à Créteil une partie du Corpus Baruya qu’il avait réalisé avec Ian Dunlop en 1969, en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Il a accepté de faire partie du Comité de Sélection des films : son avis s'est révèlé précieux. Il est cité ...

 

Pour information, nous sommes toujours en relation : je prépare un film sur son travail d’Anthropologue.  

 

 

Pour conclure.

Il me semble que la programmation de la 3ème édition du festival doit beaucoup à notre équipe, sans laquelle cette première édition beaubourgeoise n'aurait pas pu exister.

Et même, si vous me permettez un moment d'égarement egotiste : cette première édition n'aurait pas pu exister sans moi.

N'existe-t-il donc pas à la BPI, dans le cercle de ses Amis du festival quelqu'un d'assez généreux pour "rendre à Willemont ce qui appartient à Willemont". 

 

Ce "généreux" a existé.

Il faut le raconter. En 2010, Javier Packet-Comyn, directeur artistique du festival Cinéma du réel, me téléphone. Il vient découvrir que je suis à l'origine du festival

Il me propose de présenter dans la grande salle, le film Trobriand Cricket de Jerry Leach, sélectionné en 1978.

 

N'est-ce pas étonnant ? Nullement. Parce qu'il s'agit d'un .... belge. Pas d’un membre du petit cercle de gens qui se passent, de l'un à l'autre, les directions des festivals certainement pour pouvoir augmenter leurs prétentions de rémunération.

Et surtout, il n'est pas parisien. Enfin, je crois ...

 

Au premier abord, je ne suis pas enthousiasmé par ce projet, peu désireux de revoir Danielle Chantereau, par exemple. Il insiste. J’accepte. Surtout par respect pour lui.

Je devais intervenir le dimanche 21 mars à 19 h 15. A 10 heures du matin, neuf heures plus tôt, je reçois un appel, …

Vous ne devinerez pas ce que Javier Packet-Comyn m’a dit : 

« Il y a une alerte à la bombe … La séance est supprimée »

 

S'il vous plait. Pouvez-vous me dire qui a eu cette idée si peu crédible ? Que je l'honore en l'inscrivant sur la liste de l'Académie des 40 crétins.

Mais pour ne pas perdre la face,  Javier Packet-Comyn m'a proposé de présenter le film la semaine suivante, dans la salle MK2.

En dehors de Beaubourg, bien entendu, puisque J’ETAIS LA BOMBE. D'où l'alerte en question. Pauvre de nous !

Lorsque j'étais jeune, cette générosité était la norme. Il y avait peu de "Danielle Chantereau". C'est une précurseuse, somme toute. Parce que, depuis quelques années, c'est chacun pour soi. Je ne rencontre plus de personnes généreuses. Elles sont comme le Panda géant et la Tortue à nez de cochon (photo) en voie de disparition.

Je plains mes petits-enfants.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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© Jacques Willemont