Remonter au niveau supérieur de l'arborescence "Cinéma du réel"

 

 

 

Cinéma du réel

Dans les fondations ?

 

 

 

Question : pourquoi le festival a-t-il si bien résisté au temps ?

L’argent de Beaubourg - NOTRE argent, l'argent des contribuables - y est pour quelque chose. Mais la BPI, à défaut d’ethnologues, compte quelques fonctionnaires qui ont fréquenté les amphithéâtres des universités de Sciences humaines.

Ont-ils croisé Paul Veyne parlant avec passion de la fondation de Rome et des rôles tenus par Romulus et Remus ? Pierre Bonnechere peut-être, évoquant celle de Lesbos où un taureau et une jeune fille vivante furent, je crois, jetés dans un fleuve ?

Après Rome et la Grèce, voyons l’Afrique avec Annie Lebeuf qui rappelle que lors de la fondation des cités Kotoko qui scellait la réunion de deux groupes humains autrefois ennemis, il fut exigé le sacrifice de la fille de l'un des groupes et du garçon de l'autre groupe : ils furent murés vivants dans l'épaisseur de l’enceinte de la ville.

Une histoire semblable me fut rapportée lorsque je travaillais sur les Gnawa à Marrakech.

 

 

Et oui. La fondation du festival "Cinéma du réel" a exigé un sacrifice humain.

Si vous passez tôt le matin, rue Rambuteau ou rue du Renard, vers cinq heures, lorsque Paris s’éveille, vous entendrez le vent dans les tuyaux d’un grand orgue à ciel ouvert.

Mais pas seulement. Si tout est calme, et si vous avez de la chance, vous entendrez une voix d’homme qui répète inlassablement depuis bientôt quarante ans :

« - Libérez-moi. Libérez-moi. Libérez-moi. ».

 

@ virusphoto.com

 

Bien plus, il arrive que des gens, à la fin d’une nuit blanche, se posent devant Beaubourg.

Cinq minutes, une heure, selon, et ils tendent l’oreille, espérant entendre cette voix inconnue dire :

"- Libérez-moi. Libérez-moi !"

 

Voix inconnue pour tous. Eh, c'est normal, depuis le temps.

Mais moi, je la connais bien cette voix.

 

Si vous voulez savoir de qui il s'agit ...

 

 

Quelle différence y-a-t-il entre Olivier Barrot et Danielle Chantereau ?

 

Olivier Barrot est la personne qui a accueilli le festival L'Homme regarde l'Homme en 1975 à la Maison des Arts et de la Culture de Créteil.

 

Danielle Chatereau est la personne qui a phagocyté le festival en 1979 pour assurer sa carrière. 

 

La différence ?

C'est simple. L’un l'est, l’autre pas.

Lorsque, dès la première année, en 1975, une « Institution » a voulu prendre le contrôle du festival  L’Homme regarde l’Homme qui se déroulait alors à la Maison de la culture de Créteil, Olivier Barrot, le responsable du secteur cinéma a écrit : « - Ceci pour dire que nous ne nous soumetrons pas ..." (voir Impact n° 2, page 6).

Olivier Barrot fut très courageux et je l'honore toujours.

 

Par contre, trois ans plus tard, en 1978, rebelote, la même institution fait connaitre ses intentions impérialistes, Danielle Chantereau se couche. C’est le plus puissant qui l’a emporté. 

 

Un lecteur curieux se manifeste :

- Dites-moi. Qui a emporté quoi ?

"- Vous êtes naïf ? Le festival évidemment ! 

- Emporté ..., vous voulez dire, le prendre, le voler ?

- Ben oui !

- Mais c'est dégueulasse.

- Non, ce n’est pas "dégueulasse" qui l'a emporté. C'est Rouch.

- Le jeu de mots est un peu lourd.

- Je sais, mais je me force à plaisanter parce que - et je l'écris en rouge - la méthode employée fut abjecte.

- Comment "abjecte" ?

- Je suis moi-même gêné de devoir raconter de telles histoires. Mais si vous y tenez..

 

 

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© Jacques Willemont